Association pour le Développement du Recyclage du PVC de l'Automobile
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La valorisation du PVC issu des véhicules en fin de vie

Préambule:

En France le volume potentiel de PVC souple à recycler et issu de l'automobile est constitué:
  • Déchets PVC Post-Industriels pour environ 6000 t/an (75% vont en décharges). 1500 t/an (récupérées et traités)
  • Déchets PVC en Fin de vie (VHU) exploitable: 6000 t/an par démontage et/ou récupération dans les RBA, en comptant 4 kg / véhicule en moyenne et 1,5 millions de véhicules arrivant en fin de vie chaque année.
Si l'on élargit le sujet à toutes les matières plastiques, on estime que la masse totale des plastiques, présents dans ces véhicules en fin de vie, s'élève à un maximum 150.000 t/an, qui pourraient eux-mêmes faire l'objet d'un démontage partiel.

Réglementation:

Suite au développement du parc automobile en Europe de l'Ouest, et l'impact sur l'environnement des produits issus de la déconstruction ont conduit les politiques à légiférer, après de longs débats nationaux et européens sur:
  • les partisans du « tout broyage »,
  • les tenants du démontage sélectif permettant à la profession des « dé constructeurs » de maintenir leur activité de vente de pièces détachées,
et malgré le recyclage déjà existant, de certains plastiques de l'automobile (PP des bacs batteries et des pare-chocs), feux arrière en acrylique, etc..les autorités européennes ont promulgué une Directive du Parlement Européen et du Conseil du 18/09/2000 relative aux véhicules hors usage (Directive 2000/53/CE, JO.du 21/10/2000 L 269/34) précise à l'article 7.4 que les véhicules réceptionnés, conformément à la directive 70/156/CEE et mis sur le marché à partir d'une date qui ne sera pas postérieure au 01/01/2005 devront être réutilisables et/ou recyclables.

Cette directive a été adaptée en droit français, non sans difficultés, sous la forme du: Décret sur la « construction des véhicules et l'élimination des véhicules hors d'usage »: n° 2003/727 du 1/8/2003 (publié au JO n° 179 du 5/8/03).


Ces textes officiels rappellent, pour l'essentiel:
  • la responsabilité des constructeurs pour la mise en place des filières et/ou organismes de traitement des véhicules par des centres agréés
  • les règles de valorisation suivantes:
    • au 1er janvier 2006: taux de réemploi et valorisation de 85 % de la masse des véhicules traités.
    • au 1er janvier 2015: taux de réemploi et valorisation de 95 %.
Il n'y a pas de hiérarchie systématique dans les options de valorisation des déchets. Chaque situation doit être examinée au cas par cas pour définir la meilleure solution de valorisation.

Engagement d'Autovinyle et projet de démontage des véhicules.

Face aux exigences exprimées par la « directive VHU » il est apparu que la solution « tout broyage » ne permettrait pas, à terme, d'atteindre les objectifs fixés. Autovinyle en 2003 s'est donc rapproché de deux acteurs majeurs de la filière pour mener une étude sur le démontage:
  • INDRA (38 - Bourgoin-Jallieu): gestionnaire et distributeur animant un réseau de 250 déconstructeurs automobiles traitant environ 300 000 véhicules par an sur l'ensemble du territoire national
  • ENSAM (73 - Chambéry): (unité de recherche sur le recyclage) qui apporte son expertise technique dans les procédés de séparation, de tri et de valorisation.
Le but de cette étude était d'évaluer:
  • les coûts induits par le démontage (temps - qualité - sélectivité etc..)
  • la faisabilité du système pour arriver à la « caisse en blanc » qui, elle, serait remise au broyeur agréé.
Ces travaux prélimaires ont permis à Autovinyle de démarrer en septembre 2003 un projet ciblé sur les pièces en PVC souple, facilement accessibles et identifiables par un personnel entraîné, mais non spécialiste des matériaux plastiques.

Ce projet a été conduit concrètement au sein d'un des déconstructeurs du réseau Indra sur un échantillon de 25 véhicules représentatifs du parc VHU français.

Les pièces en PVC retenues ont été:

  • pare-soleil,
  • housses de siège,
  • garnitures de portières,
  • pavillons de toit,
  • soufflets divers (levier vitesse et fourreau de frein à main, etc..),
  • certaines tablettes arrières.
Les matériaux PVC issus de ce démontage ont ensuite été identifiés, pesés, et les temps de démontage mesurés très précisément dans des conditions industrielles normales.

Les faisceaux de câbles et les planches de bord faisant l'objet d'une étude de traitement différente.

Résultats du projet de démontage:

Quelques chiffres:
  • par véhicule: 1,6 kg de PVC souple (hors faisceau de câbles électriques et hors planche de bord) ont été collectés.
  • masse totale récupérée: 38 kg de PVC souple
  • temps de démontage sélectif: 18 minutes/véhicule (toutes opérations confondues)
Ces performances ont été bien sûr améliorées et le seront encore grâce à des astuces de choix d'outils et/ou de techniques opératoires - qui sont à l'initiative de chaque entreprise de démontage.

Une collecte expérimentale avec trois démonteurs du réseau INDRA a permis en 2004 de récupérer plusieurs tonnes de déchets PVC.

Ces déchets collectés ont fait l'objet d'essais de valorisation par des filières existantes telles que le process de densification de la société CHAIZE ou le process de « dissolution » de la société VINYLOOP.

De plus Indra a envisagé dès 2004 la mise en place d'une usine spécialisée à Romorantin pour le démontage industrielle des VHU (25 à 50 véhicules par jour). Celle ci est devenue opérationnelle dès début 2007 sous le nom de « Re-Sources ». Toute la filière plastique sera concernée, ce type de démontage des polymères permettra une mutualisation des coûts de main d'ouvre.

Ainsi ce premier objectif de l'étude réalisée par l'Association AUTOVINYLE avait été atteint.

Où en sommes nous ?

Pour dynamiser et rendre pérennes les filières de recyclage des déchets PVC d'origine post industrielle ou post consommateur provenant de l'automobile, il est indispensable de créer des applications pour cette matière recyclée obtenue. En 2006 Autovinyle s'est attaché à dynamiser ces applications (se reporter au chapitre « Les applications du PVC recyclé. »)

Le Futur ?

Une étude est en cours pour un traitement global des polymères dans les RBA, plusieurs pistes se dessinent, création d'un combustible enrichi pour valorisation énergétique et/ou recyclage de RBA micronisés dans les produits Bâtiments et Travaux Publics.